Sur le site de l’Université du Québec, créée en décembre 1968 par une loi votée à l’Assemblée nationale, il est notamment dit que cette université, qui se veut grande et internationale, se donne une triple mission :
- Favoriser l’accessibilité à la formation universitaire
- Contribuer au développement scientifique du Québec
- Participer au développement des régions du Québec
Dans son autopromotion, l’Université du Québec n’hésite pas à recourir aux images fortes : « qualité des cours, groupes de recherche expérimentés, infrastructures modernes, chercheurs de haut niveau, autant de raisons qui font des diplômés de l’Université du Québec des employés recherchés par les employeurs des quatre coins de la planète ».
La belle et grande roue universitaire du Québec connaît quelques ratées. Du sable dans l’engrenage, quoi. Les professeurs de l’Université du Québec à Montréal attendent, de plus en plus avec impatience et irritation, le renouvellement de leur contrat de travail échu depuis le 31 mai 2007. Qui plus est, une étude sérieuse montre que leur salaire est inférieur de 10% à celui offert en moyenne dans les autres universités québécoises.
Les 1000 professeurs ont décidé de faire grève. Même si les associations d’étudiantes et étudiants donnent leur appui aux revendications du corps enseignant, les risques de dérapages persistent. Une étudiante a même porté plainte à la police pour des voies de fait qui auraient été commises par un professeur. Après une intervention des patrons de l’université, la Cour supérieure du Québec a émis une injonction limitant les moyens de pression à la disposition des grévistes. Jusqu’au 3 avril prochain, l’ordonnance interdit la présence simultanée de plus de cinq piqueteurs à moins de cinq mètres des portes de l’UQAM et les professeurs ne pourront plus perturber les activités pédagogiques « en faisant des manifestations bruyantes dans les corridors ».
Les professeurs réclament des hausses salariales de 11 % sur trois ans et l’embauche de 300 professeurs supplémentaires. En réponse, les patrons de l’université ont proposé une augmentation de 4% et l’embauche de 25 professeurs.
Comme l’indique le quotidien Le Devoir : « Injonction ou pas, l’UQAM devrait être à toutes fins pratiques paralysée d’ici la fin de la semaine, puisqu’une majorité d’associations étudiantes a voté des mandats de grève d’une durée variable, en appui à leurs professeurs. C’est le cas des étudiants en langues et communication ainsi qu’en arts, qui sont en grève jusqu’à mardi prochain. Les étudiants en science politique, pour une durée indéterminée. »
Entre temps, les professeurs ne pourront plus ériger de faux murs avec des cartons pour bloquer les voies d’accès aux locaux de l’Université.






Bonjour Pierre !
Bel état des lieux !
(et je note l’expression “mettre l’épaule à la roue” si parlante. Je la traduis par “mettre la main à la tâche”, ce qui est beaucoup moins visuel !)
Ce n’est pas que je sois anti-syndicaliste ni même contre les syndicats de professeurs d’université, mais je sais que si les professeurs de l’UQAM gagnent 10% de moins que leurs collègues, ils travailleurs certainement 10% de moins aussi ! À mon avis ce sont des privilégiés ; ils obtiennent beaucoup plus facilement la titularisation que leurs collègues de McGill, par exemple. Dans certains départements, il suffit de publier cinq articles dans un journal savant, même en tant que co-auteur.
Bref, les 1000 professeurs de l’UQAM enseignent à 25,000 étudiants environ, soit 1/25 mais c’est sans compter les chargés de cours et les “assistants” (étudiants du 2ᵉ cycle qui donnent des cours) qui assument une part de plus en plus grande non seulement de l’enseignement, mais aussi le tutorat, la mise à niveau des étudiants admis à condition de se rattrapper dans tel domaine comme l’orthographe, et la correction des examens. Bien entendu les professeurs ne sont pas responsables de cette “division du travail”, ce sont les gestionnaires, mais ils en profitent.
Aussi, les travaux de recherche sont signés par un professeur-chercheur (souvent dégagé de l’enseignement) mais… une grande partie de la recherche (les aspects fastidieux et répétitifs, par exemple) est accomplie par des assistants et même par des étudiants. Je n’ai pas une très mauvaise opinion de l’université malgré ce que j’écris plus haut, mais il faut savoir que c’est un microcosme très élitiste, et ne pas se laisser tromper par le manque de formalisme qui règne ; la réalité de la vie universitaire est plutôt dure pour ceux qui ne savent pas se faire de relations.