Un brin de folie par un jour de pluie
Lundi, 27 juillet 2009 par Pierre Chantelois

Un brin de folie dans un jour de pluie
Le lecteur devra me pardonner ce qui lui semblera une sempiternelle répétition. La pluie est là. Elle devient incontournable tant elle s’impose. Tel Jean-Sébastien Bach, l’orfèvre des notes, je plagie l’œuvre première pour me permettre des variations d’automne. Je tente d’ajouter un brin de folie. Ne serait-ce que pour ne pas sombrer. En rappel, ce beau poème de Sully Prud’Homme :
Il pleut. J’entends le bruit égal des eaux ;
le feuillage, humble et que nul vent ne berce ;
Se penche et brille en pleurant sous l’averse.
Le deuil de l’air afflige les oiseaux.

Observer sans se laisser émouvoir, s'émouvoir sans se laisser absorber

Triompher parmi les contingences et les éléments

La pluie fine a mouillé toutes choses, très doucement, et en silence. Il pleut encore un peu. Je vais sortir sous les arbres (Pierre Louÿs, Les Chansons de Bilitis)

Un p'tit coin d'parapluie, Contre un coin d'paradis. Elle avait quelque chos' d'un ange, Un p'tit coin d'paradis, Contre un coin d'parapluie. Je n'perdais pas au change (Georges Brassens)

L'élan de la pluie n'interrompra jamais la beauté du geste

Au cœur du Vieux-Montréal, j'ai retrouvé l'infiniment petit ...

qui poursuivait sa route, avec nonchalance, sous la pluie

Au bord du fleuve, qu'est-ce qu'une goutte de pluie?

Rêver d'évasion sous la pluie, un comble de l'optimisme

Et pourquoi ne pas réserver une place pour le prochain départ du bâteau-mouche!

Rouler gaiement sans rouler dans l'eau de pluie

Le présent été, c'est la guerre des braves contre les éléments ravageurs
Ah Pierre,
Voilà un billet que j’aime bien.
La pluie, on n’aime pas en général.
Je ne sais pourquoi, j’adore faire mon jogging dans la pluie. Quelle différence avec le fait de se retrouver dans sa douche?
Souvent, l’air est moins vicié, moins pollué. Le pollen s’écrase pour les allergiques dont je suis.
Alors, avec la poésie, ce billet brille par sa douceur.
L’image de cet homme qui “Observe sans se laisser émouvoir, s’émeut sans se laisser absorber” est bien observée, bien cadrée: un oeil absorbé vers un infini qui ne se trouve pas dans l’image et dont le but restera une énigme.
Mon billet suivant sera dans la veine.
Sans prétention, très proche, très simple…
L’enfoiré
Un jour de pluie, à l’occasion, c’est bien. La pluie au quotidien, c’est moins bien. Je vis bien mal cette avalanche de pluie qui s’abat sur nos têtes jour après jour. Un peu de soleil serait bienvenu
Pierre R.