
Comment tuer la vie d'un quartier? En le réduisant en vaste chantier de travaux puiblics et en faisant en sorte que la situation perdure?
(N’oubliez pas de cliquer sur les images pour les agrandir)
Est-ce une bonne idée de visiter Montréal? La réponse est NON. Plus de 35 chantiers de travaux publics encombrent la ville. Trottoirs, rues, boulevards, ponts, tout devient compliqué et infernal pour se déplacer d’un point à l’autre. Montréal est devenue une horreur. Dans un éditorial commun, nos deux grands quotidiens, francophone et anglophone, La Presse et The Gazette en viennent à la conclusion suivante : La congestion permanente de nombreuses artères chamboule la vie professionnelle et familiale des gens de la région. En perturbant le transport des travailleurs, des touristes et des marchandises, elle nuit à l’économie de Montréal et mine sa réputation. Bref, la situation est devenue intolérable.

Je vais parler de mon quartier, de mon arrondissement. L'absence de planification de la mairie de l'arrondissement rend plus infernale la vie quotidienne des citoyens et des citoyennes
Dans le même éditorial commun, nos deux grands quotidiens, francophone et anglophone, La Presse et The Gazette proposent, pour corriger la situation, d’œuvrer sur trois axes : la consultation, la coordination et la communication. Les autorités impliquées ont beau dire qu’elles consultent la population et qu’elles coordonnent leurs actions, la réalité sur le terrain dément leurs prétentions. Les gouvernements doivent mettre un terme à ce fouillis pour faire en sorte que la région non seulement traverse bien ces années de travaux, mais en ressorte dotée d’un réseau de transports moderne, efficace et bien entretenu.
Dans un autre quotidien de Montréal, Métro Montréal, un citoyen signe le commentaire suivant : Des fois, j’ai comme l’impression que Montréal est devenue un lieu où règne un grand désordre et où des matériaux de construction des entreprises de travaux publics sont entreposés comme dans une foire à ciel ouvert, ou carrément dans un festival mondial des grues!

Trois paliers de gouvernement gèrent la ville de Montréal sans concertation. Aberrante situation s'il faut ajouter un maire de la ville-centre absent et silencieux et un maire d'arrondissement occupé à siéger à des comités externes
Parallèlement à la population qui s’acquitte de ses lourdes charges fiscales, elle apprend au quotidien le haut niveau de criminalité de l’industrie de la construction : L’évasion fiscale des entreprises et le travail au noir restent endémiques dans la construction, cette industrie qui s’est retrouvée au coeur de plusieurs controverses au cours des derniers mois. Dans une étude publiée la semaine dernière, l’organisme fédéral estime à 11 milliards de dollars la valeur de l’économie au noir dans le secteur au pays en 2008. C’est 30% de l’économie souterraine du Canada. [...] Sachant que le Québec génère environ 17% de l’activité en construction au pays, les sommes qui sont échangées sous le radar dans cette seule industrie pourraient atteindre 1,9 milliard de dollars dans la province (Cyberpresse).

Veut-on tuer, après la vie de quartier, Montréal? Selon le président du Conseil du patronat du Québec, « c'est un cauchemar qui va durer plus que 10 ans : il y a l'échangeur Turcot, le pont Mercier, le pont Champlain et il y a aussi des recommandations pour faire des rénovations au tunnel Louis-H. Lafontaine et au pont Jacques-Cartier. Donc on en a pour un 15, 20 ans »

Il me faut le reconnaître. Montréal et mon quartier, Hochelaga-Maisonneuve, s'enfoncent dans cette intolérable laideur urbaine parce que les autorités en place n'ont rien fait et ne font toujours rien pour en préserver la beauté et l'éclat

« Tout ce qui s'appelle entretien ou vision à long terme n'est pas très implanté dans le système de gouvernance actuel. On veut se faire réélire après quatre ou cinq ans, on répond à ceux qui crient le plus fort. (...) En situation de déficit, on a décidé de désinvestir dans l'entretien pour investir dans ce qui, politiquement, rapporte davantage » (Yves-Thomas Dorval, président du Conseil du patronat du Québec)







sont bien belles vos bornes. Peut être cela contribuera-t-il finalement à une amélioration (je sais, facile à dire de loin)
Brigetoun
Amélioration qui risque de venir que dans une décennie ou deux décennies. Ouff…
Je prie le lecteur d’excuser ce cri du cœur. Parfois, derrière la beauté se cache le drame de la laideur. Intolérable corruption. Et par franchise et souci d’éclairer, je ne pouvais dissimuler cette profonde déchirure que subit ma ville. J’ai beau vouloir ne chercher que la beauté et l’harmonie, la lassitude me gagne de devoir contourner ainsi au quotidien des décisions marquées par une profonde indifférence à l’égard des résidents, des visiteurs et des passagers éphémères. Demain je tenterai de retrouver la paix intérieure.
Pierre R. Chantelois
Pierre,
Je me suis demandé si on parlait vraiment de Montréal ou s’il s’agissait plutôt de chez nous.
Dans le bâtiment, dans les travaux des routes, c’est le mois de juillet qui est la période des vacances pour suivre la fermeture des écoles.
Hors, que voit-on, on ouvre de nouveaux chantiers.
Le viaduc de Vilvoorde, à Reyers
En juillet, les vacances diminuent le trafic de 15 à 20% pas plus, mais quand les routes sont bloquées, c’est comme si on se trouvait en pleine période de non-vacances.
L’enfoiré
On parle bien de Montréal. Est-ce que les administrateurs de villes sont rémunérés pour gérer et planifier ou pour prendre le thé de 14h à 16h ?
Combien je vous comprends. Ma petite rue, au joli nom champêtre, des Marguerites, a connu pendant 6 mois, consécutifs, ouverture de la chaussée, tranchée, pose de la canalisation de l’eau. Fermeture, comblement. Ouverture de la chaussée, pose des évacuations égouts, fermeture comblement. Ouverture d’un côté, pose des câbles téléphoniques et électriques. Fermeture, comblement. Ouverture de l’autre, pose de cables, fermeture et comblement. Donc vibrations, en conséquence souffrance du bâti, poussière, difficultés à rejoindre son chez soi, rue interdite, puis rue en tôle ondulée. Fuite d’eau, re-ouverture, re-fermeture. Et ainsi, et ainsi, et ainsi. Pour enfin avoir un revêtement fantastique, et forcément belle piste d’envol pour les crétins en voiture… Enfin, ici aussi nous sommes spécialistes en n’importe quoi. Sans parler des travaux pharaoniques de la place principale de Gaillac, magnifique certes, mais incongrue pour une petite ville comme la nôtre.
Entre autres :
http://gaillac-solidaire.over-blog.com/35-index.html
Lou
Je suis allé jeter un oeil sur ces travaux à Gaillac. Je suis bien triste de voir un si bel endroit ainsi réduit à un chantier sans préoccupations historiques et patrimoniales. Tristes. Très tristes.
Beau et grave billet. La politique, c’est bien cette façon d’imaginer, pour le bien de tous un futur meilleur (enfin je pense). Si la politique urbaine détruit le présent sans donner aux habitants de perspectives claires, c’est un échec. Bon Pierre va falloir faire des billets où je puisse déconner un peu dans les jours prochains hein !!
RV
Quelques heures et a bonne humeur reviendra rapidement
C’est promis
Pierre
Je comprends votre colère et votre lassitude. Tous ces travaux en même temps est un point noir pour découvrir “les beautés de Montréal” et surtout pour les habitants (automobilistes et piétons) qui doivent zigzaguer entre bornes, trous, panneaux déplacés etc. sans oublier le bruit à supporter de ces grosses machines.
Pierre, je sais que cela ne va pas vous consoler mais Genève est comme un gruyère. Des trous partout, des rues barrées. Même les transports en communs sont obligés de prendre d’autres itinéraires pour aller en ville. J’ai vécu cela la semaine dernière d’où une grande perte de temps. Je pense aux travailleurs qui doivent prendre leur bus ou tram encore plus tôt. C’est le chaos.
Tout cela n’est pas une belle image pour les touristes aussi bien chez vous que chez nous ou ailleurs et c’est mauvais pour l’économie.
Pierre, je vous souhaite tout de bon pour ce dimanche et demain sera un autre jour
Mes amitiés.
Denise
Une ville si magnifique réduite à ces soucis urbains. Incroyable. J’ai peine à croire que les élus et élues n’ont aucun sens de la planification et du respect patrimonial. Je partage votre regret de la situation qui sévit autant à Montréal qu’à Genève.
Relax et zennatitude Pierre !
C’est souvent ainsi dans les grandes villes…
En général, ce qui fait “durer” ces soit-disant travaux, ce sont souvent les complots politiques (ville), manque d’argent (mais on lance les travaux pour montrer qu’on le fait..) ou encore accord d’un quartier mais désaccord de l’autre…
Frédéric
Un petit moment de défoulement collectif nous aide à transcender ces frustrations urbaines
Je sais que vous vivez un enfer. La ville a perdu tout son charme. Mais d’un autre côté, on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs. Pour ma part, et c’est mon humble opinion sur le sujet; je crois que c’est l’inertie des gouvernements et des administrations municipales précédentes qui sont en cause. Si ces travaux nécessaires avaient été effectués régulièrement de façon progressive, vous ne vivriez pas tous ces cauchemars. Alors bon courage à toute la population qui est touchée et pensez à ce que votre paysage sera quand tout sera terminé.
Lavalgi
Votre commentaire est très très juste. Nous devons aujourd’hui assumer les erreurs passées. Quand tout sera terminé, serai-je là pour voir les résultats? Souhaitons-le nous
Malgré tout Pierre, au vu des belles photos que vous partagez avec nous, Montréal vous offre de beaux espaces verts. De quoi se ressourcer…
Si cela peut vous consoler, J’ai vécu les mêmes problèmes que Lou, lorsque j’avais une maison à la campagne.
Et Paris n’est pas mieux que Montréal. Quelle galère aussi pour les parisiens et touristes. Travaux de toutes sortes et ces dernières années, il y a de gros chantiers pour le métro, le tramway. Ce qui occasionne des embouteillages monstres. Pour les piétons, ce n’est guère mieux, nombreux sont les trottoirs réduits à peau de chagrin, encombrés par les poubelles, les vélos, les vespas les motos, les échafaudages. Nous sommes dans un monde moderne !!!
Chantal
Il reste de beaux espaces verts à Montréal, vous avez raison Je m’y réfugie si fréquemment
Nous vivons la déshumanisation des grands espaces urbains. Bientôt, pourrons-nous et aurons-nous le droit de circuler dans les rues et dans les quartiers urbains?
Haaa, je suis déprimé mon Pierre.
Mince consolation, il semble selon vos lecteurs que ce soit une maladie répandue au niveau mondial.
Enfin.
Je suis tellement bien au fin fond de ma forêt.
Ras-le-bol
Nous savons bien vous et moi la situation dans laquelle Montréal est réduite
Une horreur!
[...] (Cet article a été publié d’abord sur le site Les Beautés de Montréal) [...]