
Lure a été citée pour la première fois dans les actes du Concile d’Aix‑la‑Chapelle en 817, (Luterhaa) ensuite dans les traités de Verdun (843) et de Meersen (870) : Luthera‑Seu‑Lutra
Je vous rassure. Cette photo empruntée au site officiel de la ville de Lure ne fera pas de cette chronique un cours d’histoire et de géographie. Je n’ai pas cette prétention de distiller mes enseignements aux bons élèves qui suivent cette chronique toute montréalaise. Il y a longtemps, j’avais demandé à Christine Jeanney, que plusieurs connaissent pour ses essais et critiques littéraires, si, malgré son horaire particulièrement occupé, elle pouvait nous livrer ses impressions accompagnées de quelques photos de sa ville. Lure est une commune française du département de la Haute-Saône en région Franche-Comté. Troisième ville la plus peuplée du département après Vesoul et Héricourt et devant Luxeuil-les-Bains et Gray et douzième sur le plan régional, elle était la 1.124ième ville de France en 2007 (Source : Wikipedia). Christine, si généreuse, a bien voulu se livrer à l’exercice. Pour mon grand bonheur. Et, je l’espère, celui des lecteurs et lectrices. Je voudrais toutefois formuler un avertissement très amical : il ne s’agit pas ici d’un exposé touristique. Permettez aux mots et aux images de Christine de vous inspirer et de rêver, ne fut-ce que quelques beaux instants, à une promenade dans une ville charmante. Je rêvais de cette belle errance. La voici.
(Petite promenade à Lure, qui commence avec son musée…)

Le saviez-vous ? Cet édifice maintenant inoccupé abritait le musée du boomerang, le seul de France (mais non, je ne plaisante pas). Il est maintenant à vendre, avis aux amateurs Lorsqu’on laisse le musée derrière soi, on peut examiner l’artère centrale de Lure, Ô combien tumultueuse et populeuse et bruyante et dense (là, je plaisante)

Ce n’est pas une grande métropole, mais plutôt un gros bourg qui aurait poussé en s’enroulant autour de la voie ferrée, comme une feuille autour d’un épi de maïs

Le Sapeur Camembert est un soldat à l’esprit faible, capable de toutes sortes d’absurdités. Il peut par exemple creuser un trou pour en enterrer un autre (ce pourrait être une mise en abime terrible sur la condition humaine et sa vacuité, mais non, juste une idée comme ça). C’est sans doute lui qui est à l’origine de l’expression « Joyeux luron » puisque natif de Gleux-les-Lure (et non pas né à Gleux-sur-Drille, mais ça pouvait fonctionner aussi)

Sur une façade du XVIième, c’est Dieu le Père portant le Christ, une des maisons les plus vieilles de la ville

D’autres bâtiments anciens, comme celui-ci que j’aime particulièrement à cause de la couleur particulière de ses pierres, le rose de la pierre des Vosges

L’église date de 1745 et est dédiée à Saint-Martin, soldat lui-aussi, comme le Sapeur Camembert, mais dans un style très différent puisque lui donnait la moitié de son manteau aux pauvres au lieu de s’attaquer à la problématique du trou à l’intérieur d’un autre

Juste en face, une façade blanche, tranquille (prise en photo car découverte pour cette occasion... Possible qu’elle soit sortie de terre juste avant que j’approche)

Attention, la superficie du Lac de la Font est bien plus discrète que son nom ne le laisse croire (à vue de nez 8 mètres de large sur 10 de long). Mais sa petitesse cache d’insondables mystères : ses eaux fumantes ne gèlent jamais, même par les froides journées d’hiver. Le monstre du Lac de la Font, s’il n’est pas visible, est peut-être un peu fiévreux...

Il reste encore quelques petites rues à Lure, des passages piétonniers appelés trajes qui aboutissent à l’artère principale de façon bien intime

C’est peut-être ce que j’aime le plus d’ailleurs, dans cette ville qui n’en est pas une : la possibilité de voir la campagne manger les rues. Le passage à niveau, au centre de la rue principale, est un lieu de repérage important, du genre de ceux qui donnent des indices quand on s’explique des itinéraires, ou qui permet de donner des explications lorsqu’on est coincé derrière lui, parfois ¼ d’heure à attendre le passage d’un train en rêvant

Collée à lui, tout près de la file des voitures en attente, la forêt guette, et dès que nous serons partis, elle avalera les routes...
Les mots et les images sont de Christine Jeanney. Les œuvres sont protégées par le droit d’auteur. Toute reproduction en tout ou en partie nécessite l’autorisation expresse de l’auteur.








