
Quitter ou rester. Fuir ou faire à la situation. Je sais bien que l'hiver est installé en notre pays. Que dire d'autre?

Comme beaucoup de blogueurs je crains la routine et la lassitude. Ma demeure est ouverte. Dois-je changer l'ameublement parce qu'il est vieillot?

Après 1033 articles, 8959 commentaires, 12377 photos, plus de 10 000 visites depuis trois ans, il est possible qu'il y ait redondance. Rester ou partir en cette saison de froidure des sentiments?

Je m'accroche avec frénésie à ce blogue parce qu'il est mien et qu'il me fournit l'énergie de vieillir en sagesse et en paix avant de franchir le pont vers une autre vie

Je découvre avec ce blogue la nature des choses et une grande humanité desquelles m'avait éloignées mon boulot. Chercher noise ou rechercher la paix, j'ai fait mon choix

Je tente d'ignorer les hauts et les bas de la vie et ses vicissitudes, sans quoi j'inclinerais à tout abandonner

Donner aux choses simples un sens nouveau est une recherche fondamentale que je m'impose au quotidien

Une retraite s'il n'y a pas de veille peut être pauvre, malheureuse ou fondée sur des arbitrages de querelles bien inutiles

De toutes les saisons il faut tirer la quintessence qui nous guide dans notre cheminement de blogueur

La vie est ainsi composée d'abstractions et de réalités qu'il faut savoir conjuguer pour rejoindre un public qui nous est essentiel à notre démarche

J'hésite à emprunter les chemins chaotiques et je préfère une vie casanière enrichissante à une vie trépidante pauvre

Certains destins peuvent être tragiques. Vous m'aidez toutes et tous à faire de ma vie autre chose qu'une turbulence des fluides

Je voulais vous parler d'hiver, je vous ai parlé de moi. Merci à vous tous et toutes d'avoir fait de ce blogue un rendez-vous quotidien merveilleux.
Réponse d’un sage
Un jour qu’avec sollicitude
Des habitants d’une cité
L’avaient longuement exhorté :
A sortir de sa solitude :
« Qu’irais-je donc faire à la ville ?
Dit le songeur au teint vermeil,
Regardant mourir le soleil,
D’un air onctueux et tranquille.
Ici, de l’hiver à l’automne,
Dans la paix des yeux, du cerveau,
J’éprouve toujours de nouveau
La surprise du monotone.
Mes pensers qu’inspirent, composent,
Les doux bruits, les molles couleurs,
Sont des papillons sur des fleurs,
Voltigeant plus qu’ils ne se posent.
Fuir pour les modes, les usages
D’un enfer artificiel
Le grand paradis naturel ?
Non ! je reste à mes paysages.
Chez eux, pour moi, je le proclame !
Le temps se dévide enchanté.
J’ai l’extase de la santé,
Le radieux essor de l’âme.
Mon coeur après rien ne soupire.
Je tire mon ravissement
De l’espace et du firmament.
C’est tout l’infini que j’aspire !
Vos noirs fourmillements humains
Courant d’incertains lendemains ?…
J’aime mieux ces nuages roses !
Et je finirai dans ce coin
Mon court passage de témoin,
Devant l’éternité des choses.
Maurice Rollimat – (1846-1903)


