Avis à mes amis lecteurs et lectrices. En ce dimanche radieux, ma journée s’est déroulée dans un élan zen, à pas de tortues, l’esprit lent et le geste lourd. J’ai quitté la maison avec armes et bagages pour rebrousser aussitôt chemin. J’ai déposé armes et bagages pour ressortir léger comme un frisson qui chatouille une feuille esseulée en hiver. J’ai l’esprit vagabond. J’ai les doigts paresseux. Paupières et rétine n’ont aucun goût à l’effort. Je vais donc au resto du coin pour un petit déjeuner. Je passe en revue les gros papelards du samedi. Je sirote. Je resirote. Puis tel un pacha repu, je m’impose une petite promenade de santé. Je renifle le bon temps, je me laisse aveugler par l’astre trop rarement vu ces dernières semaines. Midi, de retour à la maison, j’ouvre mon ordinateur et je m’interroge. De quoi vais-je traiter en ce lundi, premier jour de la semaine. Je feuillette mon album. Je réalise l’ampleur. Trois années de photos à raison de 150 photos en moyenne par jour. Tout me semble démesure. J’ai un goût incontrôlé de parler de l’été. De l’automne. Du printemps. Je n’arrive pas à traiter de l’hiver. Il me faut me convaincre que l’hiver est toujours là. Les photos prises samedi soir, après un repas familial, ont été pénibles tant mes doigts surgelés ne trouvaient plus le déclencheur de l’appareil. Je regarderai mardi les photos de samedi. Je décide d’ouvrir l’album de janvier 2011. Souvenirs d’un hiver plus rigoureux et plus froid. Un hiver qui s’éternisait. Pendant que j’agonisais. Au bout de cinq heures de boulot, je quitte, après avoir mis en ligne cette chronique, la maison pour une seconde promenade suivie du repas du soir. Je me rends à ce petit resto qui me convient si bien tant le personnel est d’une extraordinaire gentillesse. Par temps de froidure rien de mieux qu’un peu de chaleur humaine. Je vous livre tel quel ce travail d’un dimanche après-midi presque zen. Point de musique. Point de conversation. Point d’ennui. Point d’éternité dans le temps qui fuit. Je n’ai pas vu le temps. Il m’a échappé. Et ces photos que je vous livre en ce lundi, premier jour de la semaine, n’ont rien de transcendantes. Si je les présente, c’est en raison du travail qu’elles ont exigé et de la douceur des heures qu’elles m’ont accordée. Soyez indulgents. Ne vous posez pas la question. Oui il y a une petite pointe de nostalgie dans le traitement apporté à ces photos. J’aurais pu donner pour titre à cette chronique : il était une fois, il y a si longtemps, au temps de mon enfance… des petits moments de bonheur, à un âge où j’aimais l’hiver.
La flemme du dimanche
Lundi, 6 février 2012 par Pierre Chantelois
Publié dans Actualité, Nature | 7 Commentaires
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Vous savez Pierre, on prend ce que vous nous offrez sans questions ni critiques, avec respect et… amour, ben oui quoi !
Bravo pour ce travail !
et en l’occurrence on prend avec bonheur – ai été bien incapable de ce texte, sans compter les photos (nostalgiques, oui, mais la nostalgie mes amis…)
L”ivernado précède le printemps… c’est ce qu’il faut se dire ^^
patience..
L’hiver, c’est décidé, je pioche dans mes photos d’été :p
Un avant-propos qui nous amène à pas feutrés vers un magnifique album!
J’aime bien regarder l’hiver avec vos yeux de poète
C’est un moment très savoureux de lire vos mots et d’admirer votre splendide album réalisé dans la quiétude et la chaleur de votre chez vous
Parfois le temps nous contraint de rester à la maison tout en ayant une belle occupation. Je suis enchantée par votre travail
De la douceur et de la poésie, c’est un beau cadeau.
Bonne journée Pierre
RV
Un coup de flemme mon ami. C’est si facile de se laisser envahir.
Brigetoun
Il faut savoir doser, n’est-ce pas, entre nostalgie et modernité. Un p’tit retour dans le passé… parfois, nous requinque…
Frederic
Vivement ces photos. J’ai grand hâte de les voir
Flairjoy
J’y mets de manière dosée un peu de nostalgie, deux pincées de sel, un peu de cœur au travail, quelques coups de pinceaux numériques, et voilà…
Denise
Rester à la maison serait pour moi un si beau choix… mais imaginez un instant vivre feutré dans une douce paresse… Me faut me dégourdir un peu
Par ses temps de grande froidure je me demande si un coup de flemme n’est toujours pas mieux qu’un de flamme.
[Je rigole]
J’espère que cela ira un peu mieux aujourd’hui.
Amitiés.