
La neige voyage. Elle se montre cruelle dans une partie du monde. Elle séduit dans une autre partie. Il a neigé à Montréal

Résistera-t-elle à un départ précipité? Elle se joue des prévisions pour nous dire tout haut que l'hiver n'est pas terminé

Est-ce vrai cette légende qui veut qu'un battement d'ailes d'un papillon engendre un typhon à l'autre bout du monde
Cerisiers (Fragments)
Les premiers jours de janvier avaient commencé sous des montagnes de neige et M. Green n’arrêtait pas de secouer les branches afin qu’elles ne se brisent pas. À peine levé, le jardinier dégageait le chemin, maudissant les rigueurs de l’hiver, mais sans conviction, car dans le fond, il aime que les « saisons se fassent ». La fraîcheur piquante des flocons lui colorait le nez en route et sur son bonnet se répandaient de minuscules étoiles cristallines et scintillantes.
Imperceptiblement, les semaines, les mois, les saisons s’étaient succédé. La roue du temps qui s’écoule avait repris son rythme quotidien : Louis partait tous les matins, Blanche peignait dans son atelier, Sophie parlait à sa perruche et les Green, anges gardiens du foyer, s’occupaient de la maison, de la cuisine et du parc.
En avril, les cerisiers étaient en fleurs, et il avait encore neigé. Des gelées blanches recouvraient le verger. Les tiges frêles et les corolles froissées des premières violettes semblaient se refermer sous le poids glacé des flocons. Quantité de dents-de-lion se prosternaient; certaines tiges s’étaient même brisées et leurs feuilles se flétrissaient misérablement sur la terre. Blanche s’était recueillie en regardant tomber la neige.
Catherine Challandes – Cerisiers – Éditions L’Age d’Homme – Suisse









admirables photos mais : les oiseaux aiment-ils vraiment la neige ? je sais ils ont de jolies petites maisons
Superbe reportage. Et dire que j’aime cette blancheur qui rend le silence eaux villes.
Jolies photos, j’aime tout particulièrement la dernière, très sobre et qui évoque bien cette pureté que donne au paysage, la neige lorsqu’elle est encore vierge !
Bancs comme des bancs-titres.
Cet enchevêtrement de rampes d’escaliers et de marches bourrées de neige, ça c’est typiquement montréalais
C’est superbe!
Et la neige qui révèle les couleurs… et l’extrait de texte des “Cerisiers” qui évoque si joliment le temps qui passe…
Dans le flou de l’envol des oiseaux, ils ressemblent un peu à des poissons dans l’eau ^^