Assez vu. La vision s’est rencontrée à tous les airs.
Assez eu. Rumeurs de villes, le soir, et au soleil, et toujours.
Assez connu. Les arrêts de la vie. Ô Rumeurs et Visions!
Départ dans l’affection et le bruit neufs!
Arthur Rimbaud
Assez vu. La vision s’est rencontrée à tous les airs.
Assez eu. Rumeurs de villes, le soir, et au soleil, et toujours.
Assez connu. Les arrêts de la vie. Ô Rumeurs et Visions!
Départ dans l’affection et le bruit neufs!
Arthur Rimbaud
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Je réalise avec effroi que j'aurais pu faire l'objet d'une admonestation toute épiscopale pour avoir faussement nommé ce grand temple du Vieux-Montréal

En vérité, en vérité je vous le dis : il ne s'agit pas d'une église ni d'une cathédrale, tant s'en faut, mais d'une basilique qu'il est possible de visiter moyennant rétribution conformément au voeu de pauvreté enseigné par nos directeurs spirituels

S'agissant donc de cette promenade dans le Vieux-Montréal, jour frisquet qui impose des petites laines

J'assiste à un étrange ballet de clics et de clics d'appareils photos autour de Paul de Chomedey de Maisonneuve

Le 17 mai 1642, Paul de Chomedey de Maisonneuve fonde, avec une poignée de colons, le petit établissement de Ville-Marie, devenu depuis le Grand Montréal

Selon l'Histoire, réprouvant la dissipation de ses compagnons d'armes, le brave homme se serait isolé de plus en plus dans la ferveur religieuse

Ville-Marie devant être une mission où cohabiteraient amérindiens convertis et colons français, la propriété de l'île est d'abord réservée à la Société de Notre-Dame

En février 1642, trente-cinq personnes se réunissent à Notre-Dame de Paris pour former officiellement l'association qui doit soutenir le projet missionnaire de Ville-Marie sur l'île de Montréal, la Société Notre-Dame

Le 9 mai 1641, deux navires quittent sous la gouverne de de Maisonneuve le port de La Rochelle pour la Nouvelle-France, emportant avec eux une bonne partie des premiers Montréalistes dont Jeanne Mance

Au printemps 1642, Jeanne Mance, ayant fait partie du premier groupe d'organisateurs et de bâtisseurs, elle est considérée comme l'un des deux principaux fondateurs de la ville de Montréal

Ce monument dédié à Paul de Chomedey de Maisonneuve est l'oieuvre de Louis-Philippe Hébert en collaboration avec les architectes Mesnard et Venne. Il fut installé en 1895

La réalisation du momument s'étend de 1892 à 1895. Les bronzes qui constituent ses principaux éléments sont coulés à Paris par la maison Thiébaut Frères

Demain je termine cette promenade dans le Vieux-Montréal. Et nous passerons à d'autres sujets
(Sources documentaires : Ville de Montréal)
« … Je suis histrion l’hiver à Lausanne et je réussis dans les rôles de vieillard, je suis jardinier au printemps, à Mes Délices près de Genève, dans un climat plus méridional que le vôtre. Je vois de mon lit le lac, le Rhône et une autre rivière. Avez-vous mon cher confrère un plus bel aspect ? Avez-vous des tulipes au mois de mars ? Avec cela on barbouille de la philosophie et de l’histoire, on se moque des sottises du genre humain, et de la charlatanerie de nos physiciens qui croient avoir mesuré la Terre, et de ceux qui passent pour des hommes profonds parce qu’ils ont dit qu’on fait des anguilles avec de la pâte aigre. On plaint ce pauvre genre humain qui s’égorge dans notre continent à propos de quelques arpents de glace en Canada. On est libre comme l’air depuis le matin jusqu’au soir. Mes vergers, mes vignes et moi nous ne devons rien à personne … »
« Si je ne voulais que faire entendre ma voix, monseigneur, je me tairais dans la crise des affaires où vous êtes. Mais j’entends les voix de beaucoup d’étrangers, toutes disant qu’on doit vous bénir si vous faites la paix à quelque prix que ce soit. Permettez-moi donc monseigneur, de vous en faire mon compliment. Je suis comme le public, j’aime mieux la paix que le Canada, et je crois que la France peut être heureuse sans Québec. Vous nous donnez précisément ce dont nous avons besoin. Nous vous devons des actions de grâces. Recevez en attendant avec votre bonté ordinaire le profond respect de Voltaire »
« On a perdu ainsi en un seul jour quinze cents lieues de pays. Ces quinze cents lieues, dont les trois quarts sont des déserts glacés, n’étaient pas peut-être une perte réelle. Le Canada coûtait beaucoup, et rapportait très peu. Si la dixième partie de l’argent englouti dans cette colonie avait été employée à défricher nos terres incultes en France, on aurait fait un gain considérable ; mais on avait voulu soutenir le Canada, et on a perdu cent années de peine avec tout l’argent prodigué sans retour. … L’État perdit, dans le cours de cette funeste guerre, la plus florissante jeunesse, plus de la moitié de l’argent comptant qui circulait dans le royaume, sa marine, son commerce, son crédit. On a cru qu’il eût été très aisé de prévenir tant de malheurs en s’accommodant avec les Anglais pour un petit terrain litigieux vers le Canada ; mais quelques ambitieux, pour se faire valoir et se rendre nécessaires, précipitèrent la France dans cette guerre fatale »
Monsieur de Voltaire
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Il a neigé à Alger. C'était vendredi et samedi. Quelle nouvelle. Pendant ce temps, Montréal se cantonne entre le gris et le radieux

Cet homme, qui ne peste pas contre le photographe, l'invite à le prendre en photo, tout heureux qu'il est en ce beau jour

Les portes du ciel... qui nous ouvrent la voie vers la Cathédrale Notre-Dame. Et que les hommes nous referment aussitôt. Que je ne visite pas en raison d'un prix d'entrée obligatoire. Par principe je m'y refuse. J'ai déjà contribué au diocèse de Montréal. Il a aussi neigé au Sahara, vous saviez?

Cette cathédrale de Montréal - église Notre-Dame - occupe une place de choix ici, Place d'Armes. Demain je vous parlerai de Pierre Chomedey de Maisonneuve
Il a neigé à Port-au-Prince
Il pleut encore à Chamonix
On traverse à gué la Garonne
Le ciel est plein bleu à Paris
Ma mie l’hiver est à l’envers
Ne t’en retourne pas dehors
Le monde est en chamaille
On gèle au sud, on sue au nord
Fais du feu dans la cheminée
Je reviens chez nous
S’il fait du soleil à Paris
Il en fait partout
La Seine a repris ses vingt berges
Malgré les lourdes giboulées
Si j’ai du frimas sur les lèvres
C’est que je veille à ses côtés
Ma mie j’ai le cœur à l’envers
Le temps ravive le cerfeuil
Je ne veux pas être tout seul
Quand l’hiver tournera de l’œil
Fais du feu dans la cheminée
Je reviens chez nous
S’il fait du soleil à Paris
Il en fait partout
Je rapporte avec mes bagages
Un goût qui m’était étranger
Moitié dompté, moitié sauvage
C’est l’amour de mon potager
Fais du feu dans la cheminée
Je reviens chez nous
S’il fait du soleil à Paris
Il en fait partout
Fais du feu dans la cheminée
Je rentre chez moi
Et si l’hiver est trop buté
On hibernera
Jean-Pierre Ferland – Je reviens chez nous
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En quittant le resto, il faisait un froid de canard... Tiens mais pourquoi dit-on : froid de canard?
« L’humanité est l’œuvre de ses œuvres. La nuit crée par l’homme devient créatrice de l’homme. Elle alimente ses peurs, ses mythes, ses pensées et ses rêves; elle s’insinue dans son histoire, ses lieux, ses institutions et ses salons. Elle invente le soulier, la parole, le destin, le sacrifice, la poésie et le temple. C’est prêter, je le sais, à la nuit ou à l’image de la nuit un pouvoir générateur incomparable, mais qui ne me semble pas en désaccord avec une conscience ou une expérience générale, au point où l’on est tenté de dire que la nuit et l’homme, c’est du pareil au même. Dis-moi ce que sont tes nuits, et je te dirai qui tu es »
Luc Bureau – Géographie de la nuit
La vague ignore le repos
La nuit aime le jour radieux
Il est beau de dire « je veux »
Mais « j’aime » est encore plus beau.
Friederich Nietzsche
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Avis à mes amis lecteurs et lectrices. En ce dimanche radieux, ma journée s’est déroulée dans un élan zen, à pas de tortues, l’esprit lent et le geste lourd. J’ai quitté la maison avec armes et bagages pour rebrousser aussitôt chemin. J’ai déposé armes et bagages pour ressortir léger comme un frisson qui chatouille une feuille esseulée en hiver. J’ai l’esprit vagabond. J’ai les doigts paresseux. Paupières et rétine n’ont aucun goût à l’effort. Je vais donc au resto du coin pour un petit déjeuner. Je passe en revue les gros papelards du samedi. Je sirote. Je resirote. Puis tel un pacha repu, je m’impose une petite promenade de santé. Je renifle le bon temps, je me laisse aveugler par l’astre trop rarement vu ces dernières semaines. Midi, de retour à la maison, j’ouvre mon ordinateur et je m’interroge. De quoi vais-je traiter en ce lundi, premier jour de la semaine. Je feuillette mon album. Je réalise l’ampleur. Trois années de photos à raison de 150 photos en moyenne par jour. Tout me semble démesure. J’ai un goût incontrôlé de parler de l’été. De l’automne. Du printemps. Je n’arrive pas à traiter de l’hiver. Il me faut me convaincre que l’hiver est toujours là. Les photos prises samedi soir, après un repas familial, ont été pénibles tant mes doigts surgelés ne trouvaient plus le déclencheur de l’appareil. Je regarderai mardi les photos de samedi. Je décide d’ouvrir l’album de janvier 2011. Souvenirs d’un hiver plus rigoureux et plus froid. Un hiver qui s’éternisait. Pendant que j’agonisais. Au bout de cinq heures de boulot, je quitte, après avoir mis en ligne cette chronique, la maison pour une seconde promenade suivie du repas du soir. Je me rends à ce petit resto qui me convient si bien tant le personnel est d’une extraordinaire gentillesse. Par temps de froidure rien de mieux qu’un peu de chaleur humaine. Je vous livre tel quel ce travail d’un dimanche après-midi presque zen. Point de musique. Point de conversation. Point d’ennui. Point d’éternité dans le temps qui fuit. Je n’ai pas vu le temps. Il m’a échappé. Et ces photos que je vous livre en ce lundi, premier jour de la semaine, n’ont rien de transcendantes. Si je les présente, c’est en raison du travail qu’elles ont exigé et de la douceur des heures qu’elles m’ont accordée. Soyez indulgents. Ne vous posez pas la question. Oui il y a une petite pointe de nostalgie dans le traitement apporté à ces photos. J’aurais pu donner pour titre à cette chronique : il était une fois, il y a si longtemps, au temps de mon enfance… des petits moments de bonheur, à un âge où j’aimais l’hiver.
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Il faut que le poète, épris d’ombre et d’azur,
Esprit doux et splendide, au rayonnement pur,
Qui marche devant tous, éclairant ceux qui doutent,
Chanteur mystérieux qu’en tressaillant écoutent
Les femmes, les songeurs, les sages, les amants,
Devienne formidable à de certains moments.
Parfois, lorsqu’on se met à rêver sur son livre,
Où tout berce, éblouit, calme, caresse, enivre,
Où l’âme à chaque pas trouve à faire son miel,
Où les coins les plus noirs ont des lueurs du ciel,
Au milieu de cette humble et haute poésie,
Dans cette paix sacrée où croit la fleur choisie,
Où l’on entend couler les sources et les pleurs,
Où les strophes, oiseaux peints de mille couleurs,
Volent chantant l’amour, l’espérance et la joie,
Il faut que par instants on frissonne, et qu’on voie
Tout à coup, sombre, grave et terrible au passant,
Un vers fauve sortir de l’ombre en rugissant !
Il faut que le poète aux semences fécondes
Soit comme ces forêts vertes, fraîches, profondes,
Pleines de chants, amour du vent et du rayon,
Charmantes, où soudain l’on rencontre un lion.
Victor Hugo – Les contemplations
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Je profite de l'occasion pour compléter mes essais sur l'appareil photo de mes amis Isabelle et Francis

Il est également surprenant de constater à quel point, à ces heures matinales, les rues sont désertes

Les photos d'aujourd'hui ont été prises dans une tranche de deux heures trente minutes (07h à 09h30)

J'entre dans un resto pour me réchauffer et goûter un bon repas. J'adore les potages et je ne résiste pas à l'idée d'interrompre ma promenade pour trouver un peu de chaleur qui me permettra de poursuivre ma quête. Merci à Isabelle et à Francis pour le prêt de leur appareil photo
Un quart d’heure de bon temps
L’homme, dont la vie entière
Est de quatre-vingt-seize ans,
Dort le tiers de sa carrière,
C’est juste trente-deux ans.
Ajoutons pour maladies,
Procès, voyages, accidents
Au moins un quart de la vie,
C’est encore deux fois douze ans.
Par jour deux heures d’études
Ou de travaux — font huit ans,
Noirs chagrins, inquiétudes –
Pour le double font seize ans.
Pour affaires qu’on projette
Demi-heure, — encore deux ans.
Cinq quarts d’heures de toilette :
Barbe et caetera — cinq ans.
Par jour pour manger et boire
Deux heures font bien huit ans.
Cela porte le mémoire
Jusqu’à quatre-vingt-quinze ans.
Reste encore un an pour faire
Ce qu’oiseaux font au printemps.
Par jour l’homme a donc sur terre
Un quart d’heure de bon temps.
Nicolas BOILEAU (1636-1711)
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